mardi 13 janvier 2026

150.Dont tu es.

  Mon Dieu, déjà la 191. Oserais-je continuer jusqu'à 200 ? Et si mes vidéos de la semaine avaient un autre but ? Arriver jusqu'à 400 et en faire un livre dont je suis le héros, et à la fin le sorcier c'est celui qui dit qui y'est ? Alors que dehors la tempête fait rage et emporte mes derniers pieds de tomate, je réfléchis.
   Et puis ici, c'est pas la vidéo de la semaine, c'est le blog de Lavis Sauvage. Faut pas confondre. Dans le dernier post que j'ai relu pour être sûr, ça sentait l'homélie, l'éloge ou l'oraison, littéraire, ok, mais j'étais pas encore très frais en octobre, les questions affluaient en bancs de sardines, ou en pages d'écran répétées à l'infini (erreur système erreur, tidou tidou tidou) tel un virus cascadeur qui tombe à pic et agace. J'ai toujours eu en moi un petit côté disquette rayée. Je redis les mêmes choses pas tout à fait pareil. On fait pas tous un peu ça jusqu'à ce qu'on s'entende tout seul ?
  Obsédé par l'arborescence déprogrammée, confiant dans l'idée que l'humain est trop paresseux pour tout détruire en une fois, mais qu'il est bien capable de laisser le merdier à un truc qui le dépasse juste pour voir comment ça fait quand c'est cassé, je me laisse le temps, je me suis laissé le temps de respirer et développer ma partie avec passion froide pour une campagne à étages, laissant méthodiquement l'enfance se relever de ses plaies en poussant sur les bras pour faire gonfler les cèpes. Frissonnant de nouveau en fièvre jaune incubatrice d'une mue bénéfique sans plus d'adultes pour se faire bâcher ta mère gratuitement avec racket et poing levé dans ta face. Donner ton argent de poche à tes parents, ce n'est jamais agréable.
  Je me pose et répète la même introspection depuis le premier lâcher d'autruches dans une boite de nuit d'école de commerce, qui suis-je t-il et comment m'intégrer à moi-même ? Les lecteurs fidèles savent que mon master en philosophie des cailloux dans la Chine impériale au Vème siècle de Tang on mélange et c'est bon (ça pétille dans le nez), me permet humblement de vous embarquer à travers mon questionnement sauvage dans une joyeuse prise de tête sur quel groupe vous faut-il joindre à quelle heure et où se montrer pour passer bien, tout en récoltant quelques milliers d'euros grâce à ma méthode en dix leçons pour la somme modique de. Il s'agit de sortir de la malle, Léonard. L'île aux enfants est une épreuve intime.
  Je vois déjà les mauvaises langues reluquant du signifiant partouze, pardon aux familles, mais ce n'est pas que de ça que je parle, je parle aussi d'abdominaux passé la cinquantaine. Étant plus proche de la bougie en fin de cire qu'un élève de l'X en croyance à chapeau con, je me respire dans le dédale des méandres des croisements à issues incertaines, et j'espère avancer au grand jour, tout seul, tasse fumante d'eau chaude à la main sur ma terrasse pourrie, gentiment emmailloté dans une capuche à pompons.
  Gêné d'avoir cru qu'il me fallait clamer mon blabla (à te regarder il s'habitueront, ouais ok vas-y machin fais-moi rêver) j'ai développé avec l'âge une grande réserve de conserves. J'ai envie d'en faire partie, j'en fais partie, je suis de la partie et dans, j'ai les codes, j'ai les yeux de biche, le déhanché ping-pong, le pyjama à petits lions, mais chanter du Gotainer en chorégraphie élastique de singe (Gotainer est un singe, je sais pas la marque, genre chimpanzé gorille ouistiti, ça dépend du rythme, c'est un vrai compliment) je ne m'y voit pas. Je ne m'y voit plus ? Qui t'oblige à t'ouvrir attend bien son citron, comme disait cette huître de Kafka. Écrire est un scandale.
  La meilleure des attitudes, la plus salvatrice pour éviter les problèmes en société, et ce secret gardez le sous le coude longtemps, il est impérissable, je dicte : ne touchez pas au buffet, ne buvez rien, faîtes semblant. Les vernissages sont dangereux, vous ne savez pas ce qu'il y a dans les bouchées, et le mélange des alcools peut vous rendre mal et vous faire dire des choses qu'il aurait mieux valu taire. Pire, il se pourrait que vous rencontrassiez une personne que vous n'auriez pas rencontrassé à jeun. Et les réveils de cuite, croyez-en en ma pauvre expérience, peuvent vous emmener dans des situations qui ne sont pas inscrites dans le code civil. Après, les erreurs forment la jeunesse, personne n'est à l'abri d'une bonne nouvelle.
  S'intégrer reste nécessaire lorsque l'on a besoin d'une soupe et qu'l gêle, ou que l'on doit rembourser un truc à une mafia quelconque, ou qu'on a des enfants et qu'il faut les laisser en gardiennage à l'école pour remplir ses devoirs d'homme avisé prêt à tout pour gagner son potiron, ça boucle avec la soupe. Si vous évitez ces pièges, vous pourrez alors aller plus souvent à la bibliothèque et prétexter que vous travaillez sur une thèse, n'importe laquelle, le sujet importe peu. Cela vous fera rencontrer des jolies rousses piquantes ou des hommes déconstruits à moustache fine. Plus personne ne travaille vraiment depuis qu'on sait que les dinosaures étudiaient le futur en regardant dans des miroirs d'ambre. Il n'y avait pas grand chose à faire d'autre à cette époque. Ça n'a pas aidé à éviter la météorite.

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